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Métabolisme des cellules immunitaires : une arme contre le cancer

Pourquoi de nombreuses formes de cancer ne répondent-elles pas aux traitements médicaux ? Et pourquoi certaines tumeurs échappent-elles à la défense immunitaire ? Un projet de recherche tente de faire la lumière sur la résistance immunitaire en cas de lymphomes à cellules B.

« Grâce à ce projet, j’ai considérablement approfondi ma compréhension des mécanismes pathologiques », explique le Dr Justine Epiney. « Ces connaissances me seront grandement utiles pour traiter les patients. »

En dépit des progrès considérables de la médecine, traiter les tumeurs résistantes et récidivantes représente un défi, en particulier lorsque les cellules cancéreuses échappent à la vigilance du système immunitaire.

 

Nouvelle vision du métabolisme de la cellule cancéreuse et de la cellule immunitaire

Le projet soutenu par la Recherche suisse contre le cancer expérimente une nouvelle approche : au lieu de combattre directement la tumeur, une jeune chercheuse, Dr Justine Epiney, étudie l’interaction entre le métabolisme du cancer et celui des cellules immunitaires. Le métabolisme – à savoir comment la cellule produit l’énergie dont elle a besoin et élimine le surplus – joue un rôle central dans le degré d’activité des cellules immunitaires et leur faculté à combattre efficacement les cellules tumorales.

Tout d’abord, Justine Epiney a investigué plusieurs milliers de molécules afin d'identifier les substances susceptibles de renforcer la réponse immunitaire contre la tumeur. Ce faisant, elle est parvenue à isoler une petite molécule très prometteuse baptisée PhagoBooster One (PB1).

 

Une molécule, deux effets

Au cours d’analyses ultérieures, Justine Epiney a mis en exergue l’influence de PB1 sur les cellules tumorales et le système immunitaire. La molécule bloque une enzyme produisant certains acides gras importants pour le bon fonctionnement de la membrane cellulaire des cellules cancéreuses. En perturbant la production de ces lipides, PB1 modifie la surface des cellules tumorales de manière qu'elles soient reconnues plus facilement par le système immunitaire. Dès lors, elles sont prises pour cible par la défense immunitaire.

Parallèlement, PB1 modifie le mode de production d'énergie de la cellule immunitaire, laquelle mobilise davantage de sucre que de graisse. Elle gagne alors en efficacité dans la lutte contre le cancer, tout comme l’ensemble du système immunitaire. PB1 agit ainsi comme amplificateur de la réponse immunitaire naturelle.

 

Résultats prometteurs des essais précliniques

Lors d’essais précliniques sur la souris, Dr Epiney a découvert que PB1 ralentissait la croissance tumorale et améliorait le taux de survie sans provoquer d'effets secondaires significatifs. Ces résultats suggèrent que PB1 pourrait à l'avenir compléter les traitements existants, par exemple l'immunothérapie.

Ces résultats posent de solides fondements à d'autres recherches. Dans un second temps, Dr Epiney travaillera sur des modèles encore plus proches de la réalité clinique, notamment des échantillons prélevés sur des patients. En outre, un brevet a été déposé pour le développement thérapeutique de PB1.

 

Promouvoir la recherche et la relève

Dr Justine Epiney a mené ce projet dans le cadre de son doctorat, grâce à une bourse MD-PhD de la Recherche suisse contre le cancer. Entre-temps, elle a commencé sa formation clinique en hémato-oncologie. Elle accorde une importance particulière au lien entre la recherche et la pratique clinique.

 

Numéro de projet : MD-PhD-5595-06-2022

 

Ce projet a été rendu possible grâce à la Recherche suisse contre le cancer, en collaboration avec la Fondation BRYN TURNER-SAMUELS.

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